
Le 15 octobre, Digital 113 à travers le projet Digital is Future dédié à la transformation numérique, son comité de pilotage avec notamment Agri Sud-Ouest Innovation, Vinseo et Occitanum en tant que partenaire, ont réuni chercheurs, entreprises et acteurs agricoles à Montpellier. Le thème : quelle IA responsable et utile pour les filières agri, agro et viticoles ?
Trois IA, un même défi
En ouverture, Michael Sioutis (Université de Montpellier) a présenté les trois familles d’IA. L’IA symbolique raisonne à partir de connaissances formalisées. L’IA prédictive apprend à partir des données et donne des évolutions possibles. L’IA générative produit des contenus nouveaux et aide à structurer un raisonnement. Chacune a ses forces et ses limites, et elles se combinent souvent. Pour lui, la difficulté est ailleurs : passer du laboratoire au terrain. Données rares, parcelles toutes différentes, pratiques hétérogènes… Un bon score en labo ne suffit pas, c’est l’utilisateur qui décide d’adopter un modèle pour sa pertinence sur le terrain, et sa facilité d’usage.
Structurer la connaissance, observer les paysages, connecter l’existant
Catherine Roussey (INRAE) a montré comment aligner les différentes échelles phénologiques de la vigne avec les agronomes de l’IFV. Le résultat prend la forme de graphes de connaissances ouverts, déjà réutilisés par l’IFV et Terres Inovia.
Yousra Hamrouni (Toulouse INP-ENSAT) a présenté plusieurs travaux qui croisent images satellites et IA. Elle a notamment produit une première cartographie nationale des peupleraies. Elle a aussi testé l’estimation de la jaunisse de la betterave, et l’IA générative pour lire des photos aériennes des années 1950. Son constat : le manque de données de référence reste le principal frein.
Basile Ploteau (Institut Agro Montpellier) a misé sur la low tech. Avec une caméra à IA embarquée à moins de 100 €, des étudiants ont connecté une vieille balance de vendange plutôt que d’en racheter une neuve à plusieurs milliers d’euros.
IA générative : des usages réels, des conditions à poser
Manon Longvixay (ACTA) a présenté le livre blanc de l’ACTA sur l’IA générative en agriculture. Il recense huit usages et formule six recommandations. Parmi elles : partir des besoins réels, monter en compétences et rendre la connaissance agricole exploitable par ces outils.
Krishna Naudin (CIRAD) a fait noter à l’aveugle, par des conseillers agricoles, les réponses de ChatGPT et celles d’un petit modèle français appuyé sur une base documentaire choisie. Les conseillers ne voient pas de différence de qualité. Le petit modèle consomme pourtant beaucoup moins d’énergie, cite ses sources et peut être hébergé en France.
Véronique Bellon-Maurel (INRAE, Occitanum) a présenté une enquête menée auprès de 115 conseillers. 75 % utilisent déjà l’IA générative au travail, surtout pour l’administratif et la communication, et très peu pour le conseil agronomique. Ils attendent des réponses courtes, sourcées, en langage agricole. Selon elle, le métier se transforme mais ne disparaît pas : l’IA doit épauler le conseiller, sans le remplacer.
Du côté des entreprises
La journée a aussi donné la parole au terrain, avec les intervention de :
- Every1counts "L’IA comme alliée pour estimer et manager la biodiversité à petite et grande échelle"
- Terres Inovia "Présentation de Berl'Eyes, utilisation de l'IA pour l'analyse d'images de larves"
- Verréo "Comment l'IA booste la circularité d'une filière"
Pour conclure
Simon Bretin (Digital 113) et Emma Egea (Agri Sud-Ouest Innovation) ont insisté sur la collaboration nécessaire entre recherche et entreprises pour décrocher des financements européens et ainsi accélérer l’innovation du secteur.
En partenariat :














